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Maurice

Lundi 14 novembre 2005
Je viens d'aller faire un tour sur un site de vente à prix discount.

Ils proposent en ce moment une "offre de noël" (qui dure jusqu'au 15 novembre...) qui promet 50% de réduction. Vindiou, par l'odeur alleché, je me précipite, et effectivement je dégote Head-On au prix imbattable de 17 euros 75 dans un jolie boite MK2.

Je sais bien que le prix des DVD varient énormément. Mais quand même 35,50 pour un DVD récent, même chez MK2, c'est cher. Je me décide donc à aller jeter un coup d'oeil aux conditions générales de vente (CGV) comme les bandeaux publicitaires me conseiller de le faire (si si, en petit derrière l'astérisque).

Et là petite surprise. Le -50% s'applique aux marges pas au prix de vente.

Je continue mon investigation et je vais faire un tour chez sur amazon (prononcé amazone malgrès l'oubli du 'e'). Et là je retrouve le même DVD dans la même boite, dispo sous 24h pour 16 euros 51 (oui, ils sont fort pour les prix tordus).

Au final, je n'ai rien acheté (c'est pour un cadeau que je prévoie de faire pour un anniv' dont je ne sais pas encore s'il aura lieu). Mais j'avais eu des problèmes de délai / fin de stocks avec le discounter, problèmes que j'acceptais car les prix étaient vraiment en dessous des concurrents. Maintenant je serai plus prudent dans mes achats, moins conciliants dans mes retours.

Adj, j'ai oublié : dichotomie
Par Adj
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Jeudi 24 novembre 2005
Maurice est chez Eugnène, un bar pas trop enfumé. Avec des potes, 'fin des connaissances internet.

Presque toute la fine équipe est là. Manque à l'appel Roger qui avait promis de payer sa tournée et Robert dont on s'était juré qu'on lui ferait payer une tournée.

Maurice a mis son gros pull blanc, en laine, hyper sexy. Son aspirateur à gonzesses comme il dit.

Et ça marche, Madeleine, un peu après les autres, vient d'arriver. Elle s'installe juste en face de lui. Elle est resplendissante, fraiche, les joues légèrement rosies par le froid. Son visage encore rehaussé d'une petite moue souriante.

Maurice se tait, sourit et laisse son charme naturel agir.

Madeleine s'apprête à dire quelque chose, mais le téléphone de Maurice sonne. C'est Gégé à propos du weekend à Lyon. Maurice n'entends rien, et c'est la mort dans l'âme qu'il quitte Madeleine, sort du bar et répond.

Maurice revient. Fabrice lui a piqué sa place. Maurice est exilé en bout de table, cadenassé entre Fabrice, René et Pierrot.

Soudain, dans un déluge de frites, Hubert se lève. Il va bosser. La place entre Pierrot et Madeleine est libre. Et Madeleine s'empresse de l'occuper.

Peu après, c'est au tour de Pierrot-Couche-Tôt de quitter les lieux. Et, prétextant un problème de chauffage, Madeleine seoit de nouveau au côté de Maurice.

Maurice, c'est son noël à lui.

Voilà alors que débarque Didier, "J'ai été voir Doom, par beaucoup d'aspects ça m'a fait penser à Serenity"

C'est un peu tard pour le cinéma.

Madeleine se lasse et quitte, elle va prendre le bus 33.

La soirée se termine, Maurice rentre chez lui.

Ce soir, Maurice attendait Madeleine.

Maurice est dans son lit, il rêve.

On sonne !

Madeleine ? Ah non. Tommy qui a une fois de plus confondu l'interrupteur et la sonnette.
Par Adj
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Lundi 28 novembre 2005
Il a calculé que pour la rentabiliser il fallait aller au ciné au moins quatre fois par mois.

Ca fait deux semaines que Maurice y a pas été.

Ce weekend, c'est donc rattrapage.

Vendredi 18H, Maurice se précipite hors du boulot.

19H30, Maurice a englouti un McDo. Conclusion, le cheeseburger, c'est vraiment pas bon, tout sec, tout pas de gout.

Maurice est assis dans la salle, il n'y a pas trop de monde pour voir Domino.

Maurice aime bien, le réalisateur s'est laché, il fait un effet toutes les 3s, c'est confus, c'est trop chargé, c'est trop surchargé. C'est bon.

Le seul défaut, c'est Alfred, le voisin de derrière de Maurice. Quand il voit arriver le seau de pop corn, Maurice comprend que la séance va être rude. Pis, Alfred est un rusé. De ceux qui ne mangent pas tout d'un coup, mais en gardent pour les meilleurs moments du film.

Maurice sort lessivé et un peu énervé du film.

Maurice consulte les horraires, le film suivant débute dans 5 minutes. Manderlay.

Ca, ça va calmer Maurice.

Bingo, au bout de 5 minutes -à la fin du générique-, l'action retombe. Maurice se sent bien. Il se laisse un peu aller, baisse une paupière.

Hélas ! Le film devient de plus en plus intéressant. Maurice s'accroche à l'histoire, s'intéresse aux personnages et ne voit pas les deux heures et vingt minutes passer.

Maurice est chez lui, il est minuit. Ce soir il va se coucher tard, demain il peut dormir. Il prend un bouquin dans la pile des trucs qui se lisent à finir. Pile actuellement composée de Dr. Bloodmoney, Systèmes d'Exploitation, l'Etat -toujours pas fini celui-là-, quelques journaux qui trainent, Que Choisir Spécial justice et Votez Fields.

C'est sur ce dernier que se porte son choix. Un cadeau pour sa fête qu'il se fait donc fort de lire.

Le sommeil vient plus vite que la fin du livre, mais Maurice tient bon et finit par triompher.

Repus, il s'endort. Il est deux heures passées.

Maurice a une excellente horloge interne. A 7H, il est debout. Il s'emmerde. Il ressort Civilizatin 2. Y passe une partie de la matinée.

Il est 11H, Maurice est dans la salle de cinéma. Il n'y a pas un chat, à peine une poignée de spectateurs.

Frédéric arrive et s'assoit direct à côté de Maurice. Maurice il aime pas qu'on vienne le coller. Il le fait bien sentir en s'emparant de la totalité de l'accoudoir (et même un peu plus), quitte à se mettre dans une position inconfortable. Malheureusement, ses efforts restent vains.

La salle s'est remplie. Le film, Factotum, est commencé. Le téléphone de Frédéric sonne, Frédéric répond. "Ouais, je suis au cinéma, je suis en train de regarder Factotum". Les regards de toute la salle se portent sur Frédéric, et Maurice.

Maurice attrappe le téléphone d'Alfred et lui apprend à voler. Les spectateurs suivent la course parabolique de l'objet trop bien identifié. Lorsqu'il atteint le sol, le téléphone explose en une myriade de bouts de plastiques et composants électroniques. La salle applaudit. Frédéric est mortifié.

Maurice est dehors, il a faim, mais les noces funèbres n'attendent pas. Elles ont lieu dans 10 minutes. Tant pis il mangera après.

Maurice est dans la salle. Arrivent Jeanette (5 ans), Régine (8 ans) et Albert, leur père. Jeanette s'assoit à côté de Maurice. (Maurice, il a une bonne tête, il attire toujours les enfants, mais pas les mamans).

Maurice pense à se décaler, mais derrière lui à gauche Pierette et Jean-Noël sont assis, pop corn à la main, les pieds sur les sièges de devant (ceux que Maurice visait).

Le film commence, Alfred lit les sous-titres à Jeanette qui, à 5 ans, va déjà voir des films en VO. L'histoire est fort sympathique, mais quelque peu macabre, plusieurs fois Jeanette souffle de petits cris stridents à l'oreille de Maurice.

15H, le film est terminé, Maurice rentre chez lui, fait sa vaisselle de la semaine, se prépare à manger, mange, se couche. Il est 17H00.

Maurice retrouve Robert et Patrice. Au programme, personne ne sait. On se décide pour un resto. Maurice est d'accord à condition que ce ne soit pas japonais.

Maurice n'aime pas les restos japonais pour trois raisons :
1. c'est pas bon
2. c'est jamais assez cuit
3. c'est très cher

Robert et Patrice se mettent d'accord pour aller aux 'Délices de Tokyo'.

Le 'repas' fini, Robert et Patrice s'exclament en coeur : "Zut, j'ai pas d'argent!"

Maurice, Robert et Patrice sont devant le cinéma. Presque tous les films viennent de commencer, il en reste trois.
Patrice : "Ca vous dit 'Et si c'était vrai?' "
Robert : "non, c'est de la merde. A la rigueur, les protocoles de la rumeur."
Patrice : "non"
Maurice, ayant parfaitement compris la situation : "bon, ben Factotum alors ?"
Maurice et Robert : "ok"
Par Adj
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Mardi 29 novembre 2005
Maurice il cause plein de langues. A des niveaux différents.

Le français bien sûr. L'anglais, grand classique. Quelques bribes de germain. Les patois du nord, et surtout le plus pur d'entre eux, le patois de l'Avesnois. Il arrive aussi sans trop de problème à se faire comprendre par les autochtones du Six-Deux.

En ce moment, il apprend l'aquarium.

Dialecte fort peu parlé, et encore moins compris, l'aquarium est, il parait, le langage dont l'aire culturelle est la plus restreinte géographiquement. On le parle que dans la gare RER d'Evry-Courcouronnes.

La gare d'Evry-Courc', c'est la plus grande caisse de résonnance du monde.

Une phrase, en aquarium, ça commence toujours par "Mesdames et messieurs, votre attention s'il vous plait, en raison de".

Après c'est plus technique. La phrase se décompose en un krrincident, un gleumeulieu et une floupndurée. Toute la difficulté consiste à extraire les informations du bouquet d'ondes qui se discordent doucement au creux de l'oreille des amateurs.

Maurice, en général il récupère au moins un des éléments de la phrase. Souvent deux. Ca le classe d'entrée parmi les 5 meilleurs aquariumophones du monde.

Mais ce soir, peut être à cause du froid, il entrave que dalle.

C'est gênant. Maurice et Robert sont invités au resto iranien par Odette. Iranien... Odette, elle veut leur faire découvrir la cuisine traditionnelle de son pays. Maurice a aucune d'à quoi ça ressemble, vaguement indien, vaguement européen sans doute.

Le rendez-vous est à 20H station Charles Michels.

Un à un les trains sont retardés puis supprimés. Et toujours cette annonce en aquarium pour dire qu'il y a un.

Hé oui. Maurice aussi, ça le laisse sceptique.

Maurice appel Robert et Odette pour prévenir.

Maurice, il prend son mal en patience en se disant qu'il y a forcèment un mec que ça fait encore plus chier que lui. Et que si ça se trouve, ce mec c'est un connard. L'idée réjouit Maurice.

Enfin, le RER arrive. Maurice se précipite. Il se précipite aussi au changement à Juvisy. Et aussi au changement à Javel. On l'a pas souvent vu se précipiter autant le Maurice.

Maurice arrive au rendez-vous, il pleut. Les autres mettent 5 minutes à sortir d'un café. Maurice se renfrogne dans son imper.

Odette, Robert et Maurice arrivent au resto. On veut bien les servir mais on ferme dans 5 minutes.

Maurice a les pieds mouillés, il mange des pates, quintessence du repas indo-européen.
Par Adj
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Mercredi 30 novembre 2005
Maurice est au super marché, ou plutot à la supérette. Celle de la gare du nord, juste à côté de la sortie du RER. C'est cher, y a pas de choix, mais c'est pas très loin.

Maurice fait le tour des rayons habituels. Il prend un paquet de six tranches de jambon, vérifie la date, périment aujourd'hui, le repose.

Direction le rayon féculent. Maurice héiste longuement entre pates et riz. Le riz c'est quand même meilleur. D'autant que le couvercle de son rice cooker vient d'être réparé (un copain de son ex-colloc l'avait laissé tombé, lors d'une soirée un peu arrosée où Maurice n'était même pas). Ca fait longtemps que Maurice a pas mangé un bon riz.

Mais en même temps, le riz ça colle au fond du rice cooker. Et ça encombre très vite l'évier un rice cooker sale. Il faudra faire la vaisselle.

Quel casse-tête.

Maurice a une inspiration, il prend les deux.

Et même du blé. Ca par contre, c'est vraiment une plaie. Non seulement quand l'eau boue, ça produit une étrange écume qui salope les casseroles (et les plaques chauffantes si Maurice joue à l'ordinateur). Mais en plus c'est pas bon. L'intérieur du grain est trop sec et l'extérieur complétement mou.

Maurice veut s'acheter du corned beef, mais la marque sur la boite ne lui rien qui vaille. C'est pas grave, il en a encore à la maison.

Le corned beef c'est le péché mignon de Maurice.

D'abord on fait revenir des oignons avec un peu d'huile. Ensuite on ajoute les tomates coupées en morceau. Du piment. Beaucoup. Et enfin le corned beef. Plus ou moins tard selon qu'on en aime le goût.

Enfin, ça c'est la recette traditionnelle. Maurice parfois il ajoute de l'ananas.

Et quand il est pressé, il ne met pas d'oignon et remplace les tomates par une boite de tomates. Voire pas de tomate du tout. Juste du corned beef. Cru. C'est presque aussi bon.

Il y a aussi une variante avec des cuisses de poulet. Mais là il faut retirer la peau, ça rend les mains visqueuses.

Maurice arrive aux caisses. Chance, deux sont libres.

Monique leve les yeux de son Voici. A elle même : "l'autre caisse bordel, l'autre caisse".

Maurice choisit la caissière qui le couve des yeux.

Monique, toujours à elle-même : "Bordel!"

Tant pis, elle va lui faire payer sa témérité.

Monique met les tomates cerises tout au fond du sac plastique. Au dessus, les boites de conserve.

Le reste, elle laisse Maurice le ranger.

Arrive Valère, client de son état.

Monique : "Y a une autre caisse là bas".

Part Valère.

Maurice est de retour chez lui. Ce soir, il regarde Pluie Noire de Shohei Imamura. Pour se mettre dans l'ambiance, ce sera nouilles chinoises, saveur champignon.
Par Adj
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