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Maurice

Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /Avr /2009 22:00
Maurice, il est revenu en France, et à peine sorti de l'avion, on le traine dans un resto polonais.

C'est très bon, et tout le monde est malade.

Maurice c'est son plus chouette anniversaire depuis longtemps.

Et en plus Maurice, il a des cadeaux : des bouquins (Jean Marc Sylvestre, quel auteur !), une épée et... un billet pour le concert de Kusturica et le No Smoking Orchestra !

Maurice, il aimait bien Kusturica, le réalisateur, mais maintenant, il aime bien aussi le musicien : le spectacle, il dépote.

Il dépote peut être même un poil trop. Maurice, en sortant, il a comme un léger sifflement dans l'oreille.

Alors Maurice, il rentre chez lui, il resort, il tourne à droite et il marche 20m. Maurice, il est à L'Hôpital Issiblec-Ornage : les urgences ORL de Paris.

Maurice est dans le hall d'accueil. Il y a là une vingtaine de personnes : policiers, un homme avec un grand chapeau, des hommes sans grand chapeau, des dames, deux adolescentes, un pompier. Tous sont assis dans leur coin. Tous font la gueule.

Maurice, il cherche... l'accueil. Il avise une feuille A4 imprimée "attente" surplombant trois sièges, tous pris.

Maurice, il regarde autour de lui, il ne semble pas y avoir d'autres "attentes".

Maurice, il s'enquiert
"Dites, vous faîtes la queue ?
- Non, on attends.
- Mais c'est bien ici pour faire la queue ?"

Haussement imperceptible d'épaules.

Maurice, il décide donc d'attendre, il sort un livre de sa poche (Jean Marc Sylvestre, quelle pensée puissante ! Encore merci Robert). Maurice, il s'adosse contre le mur.

Et ça marche!  Les trois assis se désasseyent et Maurice, il peut désormais fièrement attendre sous l'"attente".

Maurice, il reste seul une petite heure (c'est l'heure de changement de service).

Quand soudain Attila le rejoint sur le banc.

Attila, il est turc, mais il vit en France depuis 28 ans, il a un problème a l'oreille qui lui fait mal, mais parfois non, mais là cette nuit oui. Alors il a été l'hôpital près de chez lui, mais l'hôpital, il faisait pas les ORL, et on lui a dit de venir ici, du coup, il est venu ici, il a dû traverser tout Paris. Avec son oreille qui lui faisait mal. Aujourd'hui, parce que d'habitude, ça fait mal, mais moins.

Maurice, il range son livre. Attila est bien plus engageant. Et en plus, il a une petit quelquechose de la charmante innocence de celui qui découvre un monde nouveau.

"C'est qui ces connards ?
- Ce sont les pompiers.
- Et pourquoi ils passent avant nous ?
- Parce qu'ils sont prioritaires.
- Ces enculés là, c'est qui ?
- Ce sont les policiers.
- Et eux aussi ils passent avant nous ?
- Oui.
- Mais il y en a beaucoup d'autres qui passent avant nous ?
- Les ambulanciers aussi.
- C'est les pédés qui arrivent là bas ?"

Maurice, à force d'observer, il commence à bien comprendre le système, d'abord les pompiers, puis les ambulanciers en alternance avec les policiers.

En régime normal. Si un ambulancier s'énerve, il est rétrogradé derrière les autres ambulanciers.

Et parfois les policiers deviennent prioritaires par rapport aux pompiers : quand ils ramènent un énervé.

Hervé par exemple. Hervé il a trop bu alors il crie, traite le monde entier de juif, essaie de frapper un infirmier. Finalement, Hervé, il est maintenu, et calmé, chimiquement.

Maurice, il compte les ambulances, 7. Deux pompiers. Quatre flics.

Maurice, ça fait deux heures et vingt minutes qu'il est le prochain à passer.

Mais heureusement Maurice, il a la patience. Hélas, Attila, lui il l'a pas.

"Vas-y rentre dans le bureau !
- Mais non, regarde, ça commence à se vider
- C'est ton tour.
- Mais non, regarde, ça commence à se vider
- Mais t'as pas mal ?"

Maurice, il regrette pas encore son livre, mais encore une petite heure et ça va venir. Alors, Maurice, il décide de tuer la conversation.

"Pas vraiment.
- Ben pourquoi t'es là alors ?
- Euh... bhé, parce que... là j'ai pas mal, mais parfois si j'ai vachement mal
- Ah ouais, je connais ça, moi j'ai mon oreille, c'est pareil, parfois j'ai mal, parfois non. Alors cette fois, j'ai décidé d'aller à l'hôpital, mais on m'a dit..."

Une infirmière, Jeanne, passe la tête.

Attila, tel le puma d'Anatolie, il bondit
"C'est à nous madame ! Ca fait deux heures qu'on attend !
- Oui, juste après la dame là
- La grosse vache dans le fauteuil roulant ?"

Jeanne ne répond pas, mais c'est bien de Roselyne qu'elle parlait. Roselyne elle est arrivée avec les pompiers et elle n'a pas l'air bien.

Enfin, c'est au tour de Maurice de faire son admission, Attila lui glisse un ultime conseil:
"Dis lui que c'est une pute !
- Hein ?
- L'infirmière. Dis lui que c'est une pute."

Maurice, on lui pose une dizaine de questions, on lui demande sa carte de mutuelle, on lui dit que ce sera ça sera pris en charge, et on le renvoie attendre.

Attila se fait lui aussi admettre. D'après ce qu'entends Maurice, il ne suit pas son propre conseil.

Finalement, on vient chercher Roselyne et Maurice.

On s'occupe d'abord de Roselyne : elle a été admise en premier. Maurice attend dans le couloir. Il capte quelques bribes.

"Non, non, il est dans l'oesophage.
- Vous êtes sûre ? Parce que chaque fois que je déglutie, ça me fait mal.
- C'est normal, madame, le cornichon est coincé, et il va descendre tout seul, il y a rien à faire.
- Vous êtes sûre ?"

"Vous êtes sûre ? Il est pas dans les poumons ?"

"Vous êtes sûre ? Et si je bois beaucoup d'eau ?"

"Vous êtes sûre ? Je risque pas de m'étouffer"

Maurice, il jette un oeil à sa montre. 3h15 qu'il est là.

La porte s'ouvre.
"C'est à vous"
Par Adj - Publié dans : Maurice
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Mercredi 30 janvier 2008 3 30 /01 /Jan /2008 13:48
"Salut Jean-Pierre. Tiens, tu t'es rasé la barbe ?
- Hé ouais."
Par Adj - Publié dans : Maurice
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Jeudi 4 octobre 2007 4 04 /10 /Oct /2007 10:10
Madeleine sourit.
"...et puis quand on regarde un DVD, Maurice, il s'endort
- Hé ! C'est arrivé qu'une seule fois !
- Oui, mais on a regardé qu'un seul DVD."

Les Autres, ils pouffent.
"Et c'était quoi comme film pour que tu t'endormes comme ça ? Un Fassbinder ?"

Maurice, il regarde activement ailleurs. Mais Madeleine ne recule pas.
"Euh... Peter et Elliot le Dragon.
- hein ? le Disney ?
- oui ! celui là !"

Maurice, il se résout à intervenir
"Oui, mais attention, la version longue ! 2h05 !
- C'était pas 2h10 ?
- Allez, je te l'accorde, 2h03
- Remarque, on saura jamais, t'as pas tenu une heure"

Les Autres, ils sont décidés à tout savoir.
"Et qui est-ce qui a choisi le film ?"

Maurice avait anticipé le coup. Il avait déjà posé sa main sur celle de Madeleine. Et là il lui caresse la joue.

Madeleine, elle n'en a cure.
"Ah mais, c'était celle de Maurice !"

Maurice, il découvre les petits moments magiques du couple.
"Bon, quelqu'un reveut des spaghettis ?"
Par Adj - Publié dans : Maurice
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Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 16:02
"Excusez-moi Monsieur..."

Maurice, ce midi, il est pressé, il va chez Paul se chercher à manger, mais il tourne la tête et ralentit les pieds.

"Excusez-moi, Monsieur, vous connaissez des gens ?
- Pardon ?
- Dans votre travail, vous rencontrez des gens ?
- Ben, pas beaucoup non.
- Rentrez, j'ai euh... vous avez 5 minutes ? je vais vous faire une carte de réduction.
- Mais j'en veux p..
- Pour vos collègues !"

Maurice, il préfére son sandwich à ses collègues mais soit. Il n'est pas aux pièces.

Maurice, il suit "Kid" Benoit dans la boutique. Mais déjà "Kid" Benoit, il passe la main.
"Tenez, lui, c'est Dédé, c'est le gérant"

Dédé, il jette un oeil à Maurice, il prend une profonde inspiration, il farfouille dans son bureau, il sort une carte avec le logo du magasin, il la retourne, il écrit "-20%" dessus.
"C'est pour vous. C'est cadeau."

Maurice, il s'humecte les lèvres.
20%.
Sans les mains.
Sans négocier.
La baraka.

Dédé, il roule des mécaniques :
"Ca, voyez, je peux le faire, parce que moi, voyez, je suis le gérant. Donc je peux le faire."

Maurice, il n'est pas autrement impressioné. Et pour le montrer, il amplifie le machouillage de son chewing gum, et il jette un oeil à sa montre.
"Merci. Bon, je vais y aller.
- 'tendez  ! Si je vous donne un cuir, vous le porterez ?
- Hein ?
- Vous aimez le cuir ?"

Maurice, il se recule un peu. Se tait une seconde. Jette un regard autour de lui. Maurice, il constate qu'il est dans un magasin de vestes en cuir.

"Le cuir ? Bah... ouais. Pas vous ?"

Là Maurice, il sent qu'il a réussi à le déstabiliser.
"Euh... si si, beaucoup ! D'ailleurs j'en vends.
- Cool.
- Ouais, cool. Bon si je vous donne une veste, vous la porterez ?"

Cette Maurice qui est déstabilisé. Maurice, c'est le kador de la négo', mais là c'est vraiment facile.
"Ouais...
- Ok, vous préferez long ou court ?
- Ouais... Euh... Pardon ? Court ! Ouais. Court.
- Vous aimez ce modèle ?"

Maurice, on la lui fait pas, sûr que ça doit être modèle premier prix. Alors Maurice, il le regarde même pas. Il fait monter les enchères.
"Pas trop non.
- Ah. Et celui-là ?
- Mouais, non plus.
- Ah. Et si je vous propose celui-ci ? Vous le mettrez ? Nous, notre but, c'est que vous nous fassiez de la pub.
- Mouais. J'aime bien.
- Allez-y essayer le ! Il vous va ?"

Maurice, il se regarde dans le miroir.

"Vous avez un miroir là, si vous voulez.
- Ca va, oui.
- Vous voulez plus grand.
- Non, ça ira, il est bien comme ça.
- Ah oui, ça il vous va bien
- Merci
- Et euh, si on vous en donne un deuxième, vous le porterez ?"

La baraka qu'il a, le Maurice.

"Ouais, pourquoi pas.
- Ah non, il faut que vous le portiez, nous c'est la publicité qui nous intéresse !
- Ouais, ok, je vais vous le porter"

Maurice, après 4 essais, il finit par trouver une veste pas trop mal.

"Bon, alors nous, c'est notre anniversaire, c'est le 11 septembre, mais bon, c'est notre anniversaire donc je vous explique notre offre : vous vous achetez la première et on vous offre la deuxième."

Maurice, il est estomaqué ! Qu'est-ce que c'est que cette embrouille ? En plus Maurice, il avait déjà commencé à repérer trois - quatre autres vestes qu'il aurait bien emmené gratos en plus.
"Ah bon ? Vous me les donnez plus ?
- Bah, c'est que, regardez, elle coute 1000 euros quand même celle là.
- buh...
- Donc vous prenez celle à 1000 euros, et nous on vous offre celle à 890."

Maurice, son désenchantement est grand, très grand.

Mais Maurice, il ne s'avoue pas vaincu. Non.

"1000 euros, ça fait beaucoup quand même... En plus je dois acheter un ordinateur ce mois-ci...
- Ah mais on peut payer en plusieurs fois. 10 mensualités. Sans frais.
- Oui mais 100 euros par mois, ça fait encore beaucoup.
- Ah mais ça fait moins que ça !"

Maurice, il est perplexe. Il recalcule rapidement. 1000 divisé par 10...
"Ca fait pas 100 ?
- non, regardez, là vous payez 200, et après, c'est seulement 80 euros par mois !"

Maurice, la taille de sa perplexité a dépassé celle de son désenchantement.

"Ouais, 'fin 80 euros, quand même.
- Bon, écoutez, vous m'êtes sympathiques, alors j'ai une proposition, je fais pas ça avec tous les clients, mais je suis le gérant, alors quelle veste vous préférez ?"

Maurice, il montre celle à 1000 euros. Elle est marron quand même.
"Ok, je vous fait 40% dessus. Prix d'usine. Parce que c'est notre anniversaire, parce que je suis le gérant, parce que vous allez nous faire de la pub. Mais vous le répêtez à personne.
- faut que j...
- Ca vous 59 euros par mois !
- ...e réflêchisse.
- et je vous offre l'entretien pendant 5 ans.
- C'est que...
- Je vous offre la garantie pour 7 ans au lieu de 5.
- ... je pense que ...
- C'est une veste que vous allez garder 25 ans !
- ...je vais...
- Allez je vous fait l'entretien et la garantie pendant 7 ans.
- ...repasser...
- Vous savez combien ça coute un entretien ? 115 euros ! Et là deux fois par an, vous venez, et moi je vous la nettoie, paf 115 euros, deux fois par an, 230 euros, pendant 7 ans, 1500 euros, vous économisez, contre 59 euros par mois !
- ...plus...
- moins même ! 56 euros ! 10 mois ! regardez, la personne tout à l'heure, elle a payé que 56 euros. En plus regardez vous vous avez pris le modèle Titanium, regardez là, c'est marqué Titanium. Hé Titanium. Vous savez ce que ça veut dire Titanium ? Parce que sur ce modèle là, là, c'est pas marqué Titanium. Et c'est pas marqué, parce que c'est pas Titanium. Titanium, ça veut dire que... euh... qu'il y en a pas beaucoup
- ... tard.
- Ah oui ! Mais attention ! Plus tard, ça sera peut être plus valable !
- Même si je repasse cet après midi ?
- Bah oui !
- Pourquoi ? C'est plus votre anniversaire ?
- Bah si, mais notre offre est limitée à 5 clients !"
Par Adj - Publié dans : Maurice
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Mercredi 15 août 2007 3 15 /08 /Août /2007 21:24
Maurice, il est content.

C'est pas une grosse surprise, Maurice, on le pose quelque part, et souvent, il est content.

Là d'ailleurs, Maurice, il est assis dans un petit bassin. Blanc. D'environ 1m de diamètre. Le bassin, il est posé sur un pilier. Blanc. D'environ 1m de hauteur.

Maurice, il est seul dans la prairie, et il attends Maria.

Maurice et Maria, ils se sont mis d'accord. On commence par Maurice, et après on ira dans un des autres bassins pour faire Maria.

Maria, elle prend son temps. Alors Maurice, il attends. Content. Parce que Maurice, il aime bien les rêves avec Marie et Maria. Il s'y passe toujours des trucs marrants.

Pas comme les rêves avec Tonio. Dans ces rêves là, Maurice, il a rien le droit de faire. Et en plus il doit écouter. Qu'est-ce qu'on se fait chier dans les rêves avec Tonio !

Maira, elle a dû trouver une rallonge puisque maintenant de l'eau sort de la pomme, de douche.

Maurice, il a bien vite son T-Shirt et son short tout mouillés.

Maurice, il est savonné. On parle boulot.
« Alors, t'en es où ?
-                     Je regarde vers Templemars.
- Et ?
-      Ben... bof.
-                  Ah ?
-                       Oui.
-                            Oh.
-                                Hé !
-                                     Mmh.
-                                          Pfff...
-                                                  Quelle histoire ! »

Marie arrive également. Encore plus que d'habitude, elle sourit. On va bien s'amuser.

« Qu'est-ce que vous faîtes ? »

Maria, elle prend un air contrit.

« Ben ! Je le lave !
- Ah oui ! »

Marie, elle explose de rire, et de derrière son dos, elle sort...

Que sort Marie de derrière son dos ?

Maurice, il ne le sait pas. Le téléphone de Polux sonne. Polux se lève en sursaut, manque de marcher sur le duvet de Maurice.

« Allo ? Oui ? Non, je te rappelle. »

Maurice, il essaie frénétiquement de se rendormir.
« Je te hais. Je te hais. Je te hais. »

Mais il fait déjà grand jour, et de guerre lasse Maurice ramasse sa montre et se gratte la nuque, signes d'un lever imminent.
Par Adj - Publié dans : Maurice
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