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Vie quotidienne

Mardi 15 novembre 2005 2 15 /11 /2005 00:00
La preuve ce matin, aux infos de 7H30 sur Inter, ils parlent des habitants d'une petite commune de l'Hérault qui ont porté plainte contre X car de nombreux chats ont disparu.

N'aimant pas particulièrement les animaux, Maurice entreprend de changer de station de radio. Tache ô combien périlleuse car son antique radio réveil n'est muni que d'une simple molette à la précision douteuse et à l'autodétection inexistante.

"Mais dites-moi que faut-il pour faire un bon commercial ?
- Un bon commercial c'est quelqu'un qui marchande systématiquement. Tout. Il rentre dans un magasin, il sort avec une ristourne. C'est comme ça que je les choisis mes commerciaux"

Pas con, se dit Maurice.

Maurice, il est informaticien, et parfois son boulot le gonfle. Alors ce matin, il va tenter une expérience pour découvrir s'il peut changer de vie. Il sort de chez lui, entre dans son troquet, s'accoude au bar.

"Qu'est-ce 'e s'sera ?
- Un kawua, noir.
- T'nez. Ca fera deux euros.
- 1.80.
- Pardon ?
- Je preférerai payer 1.80"

Maurice est content de son effet, René a l'air totalement désemparé. L'assaut a été mené de façon directe, l'a pris par surprise, il ne peut plus que se rendre sans demander son reste.

"Euh, excusez-moi, j'ai pas bien entendu."

Maurice est serein, ce sont là les derniers soubressauts de la bête blessée. Il asséne tel un coup de grâce.

"Je ne souhaite pas payer deux euros. Je pense que je me contenterais de payer un euro et quatre vingt centimes".

René en a le souffle court, il a du mal à respirer. Mais, surprise, au lieu de se soumettre, il lache

"Mais qu'est-ce que c'est que ces conneries ? Un café c'est deux euros".

Maurice est déstabilisé, la résistance est plus intense qu'il ne l'avait escomptée. Il décide de changer d'approche.

"Je suis actuellement à la recherche d'un lieu où je pourrais prendre mon café chaque matin. Je suis prêt à mettre 1.80 pour ce café. Sur un an, si on considère que je viens 200 fois, cela vous fait un chiffre d'affaire de 360 euros. Ce qui est loin d'être négligeable. Etes-vous prêt à refuser un petit geste commercial au risque de perdre un tel marché ?
- Oui, maintenant tu finis ton café et tu fous le camp. Je veux plus te voir ici
- Bon et si on dit 2.75 avec un Banco ?
- Je fais pas de Banco.
- Un Morpion alors ?
- Non plus, dégage.
- Et si je vous fais de la pub auprès de mes collègues ? De mes voisins ?
- Rien du tout, fout le camp."

Ce disant, René avait fait le tour du zinc et empoigné Maurice par l'avant bras. Maurice, gentleman lui, se laissa éconduire sans opposer de résistance.

Pas commode le René. Mais pour Maurice, le bilan était très positif : un café gratuit et sans rien commander à côté.
Par Adj - Publié dans : Vie quotidienne
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Mercredi 16 novembre 2005 3 16 /11 /2005 15:10
C'est le soir, Maurice rentre chez lui. Comme chaque jour, il pousse la porte dont la serrure est cassée. Comme chaque jour, il va vérifier son courier dans sa boite à lettres. Comme presque chaque jour, il y a une pub pour un serrurier et un tas de prospectus. Comme chaque fois, Maurice glisse le tout dans la boitre de Tommy.

Tommy c'est le voisin du second. Une fois il a fait une méga-fête jusque 5H30 du matin, ce jour là Maurice se levait à 6H. Depuis, tous ses prospectus ne finissent plus dans la poubelle, mais avec le courier de Tommy.

Sauf qu'aujourd'hui, c'est la gaffe. Au moment où Maurice finit d'enfourner le tas de courier dans le récipient ennemi, alors que sous ses doigts glissent les brochures vantant barbaque, petits pois et VTT, Maurice apperçoit une enveloppe arborant le logo "PL-GL".

Trop tard la lettre est tombée dans la boite.

PL-GL, c'est l'agence qui gère l'immeuble. Au début les locataires étaient curieux de l'accronyme. Tout le monde se demandait ce qu'il pouvait désigner. Jusqu'au jour où l'un d'entre eux a propopsé Petit Logement - Gros Loyer . Tous ont alors reconnu que cela convenait bien à la situation et plus personne ne se posa de question sur le sens réel.

A ce souvenir, Maurice sourit. Peu, il vient de se rappeller qu'il doit récupèrer sa lettre. Non seulement pour que Tommy ne sache pas que c'est lui qui remplit systèmatiquement sa boite, mais aussi parce que la lettre pourrait être intéressante.

Il entre chez lui. Précipitament. Fait le tour de ses affaires, reviens avec une pince à épiler. Trop court. Retourne chez lui. Revient avec un couteau pointu. Casse la lame en essayant d'ouvrir la boite. Nouvel aller-retour. Le couteau s'est transformé en pied de biche.

Cette fois, c'est du gateau : la porte s'ouvre facilement.

Maurice récupère son bien. Rentre en son appartement. Personne ne l'a vu perpétrer son forfait.

Sur son lit, il s'assoit et ouvre sa lettre.

"gnia gnia gnia gnia. gnia gnia. gnia gnia gnia gnia gnia gnia. gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia gnia. Comme vous le savez la serrure de la porte est cassée. Elle sera bientôt réparée. Vous pourrez venir chercher votre badge dans deux semaines". Suivent d'autres "gnia gnia".

Maurice sait bien que la porte est cassée. Il habite à côté. C'est lui qui est réveillé à 1H du matin par les gens qui n'ont qu'une clé et pas de badge et qui préferrent pousser de grands cris que de  rester coincer dehors. Ou qui donnent de grands coups de pieds dans la porte.

C'est d'ailleurs pour ça qu'il a mis du scotch, pour éviter qu'elle ne se ferme. Puis qu'il a remis du scotch et un papier pour expliquer pourquoi il ne fallait pas retirer le scotch.

Cette nuit à 2H, Maurice est réveillé par de grands cris devant la porte. Il se lève. Le scotch et son mot ont de nouveau disparu. A la place, un papier : "en raison de récents actes de vandalisme, il est interdit de bloquer la fermeture de la porte. PL-GL."
Par Adj - Publié dans : Vie quotidienne
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Mardi 22 novembre 2005 2 22 /11 /2005 17:23
Il a froid. Il a oublié de fermer la fenêtre hier soir et ses deux couettes ne suffisent pas à le maintenir au chaud.

Maurice, il doit se lever, mais il a pas envie, il essaie de se rendormir.

...

Ca vient pas.

Maurice prend son courage à deux mais, se lève d'un bond, ferme la fenêtre et se précipite dans son lit. Enfin... presque.

Maurice, trop vif pour son état de semi-somnolence, a mis un coup de petit orteil au pied de la table. Le pied de table a gagné.

La fenêtre est fermée, Maurice est dans son lit, son orteil douloureux.

Maurice se relève, va aux toilettes. Le carrelage de la salle de bain est encore plus froid que l'air de la chambre, cuisine, salon, studio.

Maurice est sous ses couettes, il faut les rechauffer.

Maurice ne dort pas, il pense. Tiens s'il achetait Google. Ca ferait bien chier Microsoft. Héhé. Faudra y penser demain.

L'heure tourne. Maurice aussi, mais dans son lit. Demain il va encore être crevé.

Maurice va voir ce qu'il passe à la télé.

Très chasse, ça, ça va endormir.

Putain, que c'est pas facile à trouver une bécasse. Surtout par un chasseur tout rouge parcequ'il fait froid.

Maurice se demande s'il fait plus froid chez le chasseur ou chez lui.

Maurice, il allumera pas le chauffage : il est contre ! Contre le chauffage électrique ! Ca pollue, c'est pas pratique, ça pue. Bref, c'est beurk.

Maurice, quand il respire ça fait de la vapeur.

Il est 5h, Maurice s'emmerde. Il a pas sommeil. Il va ressortir son bouquin de philo 'L'état' un recueil de textes.

Pour Annah Arendt, l'état totalitaire ne rentre pas dans les catégories créées par Montesquieu.

Maurice est bien d'accord. En moins d'une page, il dort.

Il est 7h, le réveil sonne. Maurice a ses petits yeux du lundi matin.

Maurice traverse la chambre, froide, marche sur le carrelage froid, va prendre sa douche brulante, marche sur le carrelage toujours froid, traverse la chambre (toujours froide), sort un yaourt.

Il y a des glaçons dedans.

Maurice s'habille, il sort, il fait encore plus froid que chez lui.

Il se rend au RER, passe devant un pauvre gars qui grelotte sous une couverture, lui glisse un billet de 5 euros.
Par Adj - Publié dans : Vie quotidienne
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Mardi 2 octobre 2007 2 02 /10 /2007 13:33
Maurice, ce soir, il a un cours d'escrime.

Alors Maurice, il part un peu plus tôt du boulot.

Et à 19h29, Maurice, il est sur le quai. Maurice, il attends le RER.

Le RER il est tellement joli
Le RER il est tellement tout ça
Le RER il est toute sa vie
Le RER qui il n'arrive pas

Maurice, il prend le suivant. Et réussit sa correspondance de justesse.

Maurice, il arrive bien essouflé à la salle d'armes. Il se change. Il rejoint les autres. L'échauffement est presque terminé. Il ne reste plus que la partie sol est en particulier les abdos.

Un, deux, han !

Un, deux, ouh !

Un, deux, un, deux, han hu !

Un, deux, un, deux, hou hé !

Maurice, il sourit pas.

Maurice, il regarde autour de lui, que des anciens. Et Liliane, une nouvelle. Les anciens ils sont tous épéistes. Maurice, lui il est fleurettiste.

La différence entre le fleuret et l'épée, c'est que le fleuret c'est du sport. L'épée... c'est sympa pour se reposer.

D'ailleurs, Maurice, il l'a souvent répèté aux épéistes.
"Ca va ? Pas trop fatigué ? Dites, ça a l'air sympa votre truc, ça économise bien les jambes non ?"

Maurice, il est content, Liliane fait également du fleuret. Il va pouvoir combattre quelqu'un ce soir.

Liliane, elle a jamais fait d'escrime. Alors Maurice, il gagne facilement. C'est cool.

Maurice, il la réconforte.
"T'inquiète, ça viendra, moi aussi j'étais super mauvais quand j'ai commencé"

Maurice, le maitre d'armes, il lui fait signe.
"Tu passes à l'épée pour le reste de la séance.
- Euh... je veux bien, mais j'ai pas d'arme.
- On va t'en prêter une"

Les épéistes sourient.
"Alors Maurice... comment ça va ? Tu viens te "la couler douce" ?"

Maurice, il est dans le métro, il se frotte le bras. Ca pique un peu. Il relève sa manche.
"Ouh...."

Maurice, on le surnome le schtroumpf.
Par Adj - Publié dans : Vie quotidienne
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