Spät, zu spät !
Ce soir Maurice, il est de corvée de soir. Il est de permanence jusque 19H, à Evry.
Il est 19H. Même à Evry.
Maurice se précipite vers la sortie, oublie de mettre l'alarme, débarque en trombe sur le parking, manque de se ramasser à cause du verglas.
"C'est fouine ça !"
Maurice attrappe son RER de justesse.
Ce soir Maurice, il est de corvée de courses. Y a plus rien à grailler, déjà ce matin au petit déj' c'était une demi-tranche de pain sec avec un fond de margarine.
Maurice est chez lui, presque 21H.
Demain Maurice est de corvée de matin, permanence à partir de 7H30. Alors Maurice ce soir, il se couche tôt. 21H45. Comme les poules.
Mais Maurice ne s'endort pas.
Il réflêchit, s'imagine en maître du monde, leader populaire de l'Afrique Noire, capable de remettre l'économie sur les rails sans renier les racines cultures. Faut pas s'étonner que Maurice il soit fatigué le matin.
22H30, on rentre les poubelles.
Maurice, lui, négocie avec Olusegun Obasanjo, le président du Nigeria.
23H10, le resto coréen à côté vient de fermer, les tenants passent devant la fenêtre.
Arrive Thabo Mbeki, un bon ami.
23H45 Maurice commence à somnoler, mais Tommy le pinson rentre, sifflote en attendant l'ascenceur qui l'emménera au deuxième étage.
00H30, Maurice a de plus en plus de mal à suivre les conversations, Bongo s'est mis à parler allemand.
"... genauso... genauso..."
Maurice, dans sa prime jeunesse, a étudié cette langue. Il possède encore quelques rudiments mais a beaucoup de mal à la parler, ou même à la retranscrire.
"... das geht aber doch nicht..."
Bordel, c'est pas Bongo, c'est une jeune femme dans la rue qui parle trop fort. Il y a un homme avec elle.
"Aber nein !" (prononcé nêê)
Si Maurice les entend, ils doivent l'entendre aussi. A condition de parler très fort.
"Hé! Es gibt Leute die schlaffen !".
Maurice est surpris d'avoir réussi à avoir même pu sortir cette phrase.
"... die Polizei... anrufen..."
A la voix, Maurice se dit que finalement c'est pas aussi saint qu'il n'y parait. Vite un futal !
"Lasse mich ruhe !"
La fille a presque hurlé. Bruit, de course. Maurice est dehors. La fille a atteint le bout de la rue, côté gare du nord, là où est la foule. A l'autre bout de la rue, un homme s'enfonce dans l'obscurité.
Maurice hausse les épaules. Se retourne, se retrouve nez à nez avec la porte intérieure se son immeuble, celle dont on a réparé la serrure et dont la clé est posée juste à côté du lit de Maurice.
1H30, Maurice est au lit, au chaud, il s'endort. Le réveil le regarde d'un oeil mauvais, dans 4H, il sonnera.
Il est 19H. Même à Evry.
Maurice se précipite vers la sortie, oublie de mettre l'alarme, débarque en trombe sur le parking, manque de se ramasser à cause du verglas.
"C'est fouine ça !"
Maurice attrappe son RER de justesse.
Ce soir Maurice, il est de corvée de courses. Y a plus rien à grailler, déjà ce matin au petit déj' c'était une demi-tranche de pain sec avec un fond de margarine.
Maurice est chez lui, presque 21H.
Demain Maurice est de corvée de matin, permanence à partir de 7H30. Alors Maurice ce soir, il se couche tôt. 21H45. Comme les poules.
Mais Maurice ne s'endort pas.
Il réflêchit, s'imagine en maître du monde, leader populaire de l'Afrique Noire, capable de remettre l'économie sur les rails sans renier les racines cultures. Faut pas s'étonner que Maurice il soit fatigué le matin.
22H30, on rentre les poubelles.
Maurice, lui, négocie avec Olusegun Obasanjo, le président du Nigeria.
23H10, le resto coréen à côté vient de fermer, les tenants passent devant la fenêtre.
Arrive Thabo Mbeki, un bon ami.
23H45 Maurice commence à somnoler, mais Tommy le pinson rentre, sifflote en attendant l'ascenceur qui l'emménera au deuxième étage.
00H30, Maurice a de plus en plus de mal à suivre les conversations, Bongo s'est mis à parler allemand.
"... genauso... genauso..."
Maurice, dans sa prime jeunesse, a étudié cette langue. Il possède encore quelques rudiments mais a beaucoup de mal à la parler, ou même à la retranscrire.
"... das geht aber doch nicht..."
Bordel, c'est pas Bongo, c'est une jeune femme dans la rue qui parle trop fort. Il y a un homme avec elle.
"Aber nein !" (prononcé nêê)
Si Maurice les entend, ils doivent l'entendre aussi. A condition de parler très fort.
"Hé! Es gibt Leute die schlaffen !".
Maurice est surpris d'avoir réussi à avoir même pu sortir cette phrase.
"... die Polizei... anrufen..."
A la voix, Maurice se dit que finalement c'est pas aussi saint qu'il n'y parait. Vite un futal !
"Lasse mich ruhe !"
La fille a presque hurlé. Bruit, de course. Maurice est dehors. La fille a atteint le bout de la rue, côté gare du nord, là où est la foule. A l'autre bout de la rue, un homme s'enfonce dans l'obscurité.
Maurice hausse les épaules. Se retourne, se retrouve nez à nez avec la porte intérieure se son immeuble, celle dont on a réparé la serrure et dont la clé est posée juste à côté du lit de Maurice.
1H30, Maurice est au lit, au chaud, il s'endort. Le réveil le regarde d'un oeil mauvais, dans 4H, il sonnera.
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