De Gare du Nord à Gare du Nord
Maurice il a les yeux dans le pâté ce matin. 4H de sommeil, ça lui réussit pas.
Quand le réveil sonne, il s'extirpe douloureusement du lit.
Maurice, il a un truc pour pas rester trop longtemps sous la douche : il a un tout petit chauffe eau. Radical.
A 6H15, à gare du nord, il fait froid.
A 7H15, à Courcourrones, il fait froid aussi, mais en plus il fait jour.
La journée s'écoule lentement. Maurice a l'impression de ne pas avancer. Vivement ce soir.
Maurice a une réunion à la section ce soir, à 19H30.
Mais voilà que Hugues propose de se retrouver le soir dans un bar et de passer la soirée ensemble avec une partie de la bande.
Maurice, il est un peu coincé, il dit non, mais il met tellement de formes, que l'on comprend oui. Maurice, il fera au mieux.
Rendez-vous à la Montalant, à partir de 19h.
19H21, Maurice est de retour à gare du nord, pour aller à la section, il passe devant la Montalant. Le bar est plein, mais Maurice ne reconnait personne.
19H30, Maurice pousse la porte du local. Une vraie montre ce Maurice (d'ailleurs il a récupéré la sienne. glop!)
19H35, Georges arrive. Georges, il est député et il a un beau costume.
Georges, il sert la paluche des militants et accompagne d'un chaleureux "Comment vas-tu ?".
Georges il a vu une fois Maurice, de dos. Maurice en profite.
"Ca va, ça évolue pas trop, mais bon, je suis confiant, je pense que ça va aller.
- ah oui, tant mieux, ça me fait plaisir."
Georges il est déjà en quête d'une autre paluche.
Quand il a fini son tour, Georges, il va voir Alphonse. Alphonse, c'est le secrétaire de la section. Georges prend son air ennuyé.
"J'ai un problème avec JJ dans le . arrondissement. Il voudrait trouver une place en crêche pour une dame. Tu peux t'en occuper ?"
Alphonse, ça l'ennuie aussi.
"Bon. D'accord."
Maurice, il a dû montrer se monter un peu trop intéressé par ce qu'ils se disaient parce qu'Alphonse se reprend, hausse la voix, fait de grands gestes et en désignant un papier sur la table.
"T'as vu ça, j'ai reçu ça tout à l'heure ! Moi, les demandes de place en crêche qui arrivent ici, regarde ce que j'en fait !"
Il prend le papier, le déchire et le met à la poubelle.
Alphonse, c'est le seul mec que Maurice connaisse qui garde ses papiers tout l'après midi pour les déchirer le soir, sans les traiter.
Georges ne s'en laisse pas compter, il surrenchérit :
"Ah mais moi cette semaine, j'ai reçu une lettre où l'on me demandait une place aussi ! C'était une personne qui disait qu'elle pourrait bien voter aux prochaines élections ! Mais qu'est-ce que ça veut dire ?"
Avec 20 bonnes minutes de retard la réunion commence. C'est Justin qui présente la partie "propositions". L'angle d'attaque est intéressant.
"Ces dernières années, pour diverses raisons [...] le monde du travail a beaucoup évolué. On assiste à une forte croissance de la mobilité des salariés qui changent plus souvent d'emploi. Pour lutter contre le chômage, le parti apporte traditionnellement deux types de solutions. D'une part celles visant à augmenter la stabilité de l'emploi (faire du CDI le socle du droit du travail, loi de modernisation sociale, ...), de l'autre celles visant à sécuriser les périodes d'instabilités (augmentation des allocations, aide à la formation,...) de façon à aider les gens à retrouver un travail."
Justin, il s'arrête là dans son analyse, de façon à ne pas trop sortir du consensus. Car évidemment, si l'on pousse un peu les deux types de mesure poursuivent des objectifs contradictoires.
La réunion se poursuit, Maurice il est très intéressé, mais... l'heure tourne.
21H15, presque tout est dit, il reste à se mettre d'accord sur la façon dont ce sera présenté à l'AG. L'AG c'est lundi, c'est là qu'on va débattre.
21H35, tout est dit. Mais on reste un peu pour discuter.
"J'ai pas compris ce que vous avez voulu faire avec le mobilier urbain là, c'est quoi ce rose ?"
Maurice, il se tortille sur sa chaise, mais en tant que nouveau dans le groupe, il hésite à partir. Justin, il va pour se lever, mais Angélique le retient.
"Oui ! Alors les pistes cyclables sur le boulevard Magenta ! On voulait les mettre d'une autre couleur de façon à les différencier du trottoir parce que là c'est dangeureux. Mais les architectes des batiments de France s'y sont opposés, pour éviter 'le lanièrage du bouvlevard' et ne pas gacher 'la perspective haussmanienne'".
Maurice, à un autre moment, ça aurait pu l'intéresser, mais là il se barre. Il se lève, met son manteau, fait un petit signe de la main, chuchote un au revoir, quitte.
Il est dans l'escalier, Angélique, qui était arrivée à 21H05 (une autre réunion) lui lance un vicieux "au revoir Maurice !" que tous les participants reprennent en coeur.
Maurice se précipite au Montalant, il arrive devant, regarde par la vitre personne. Il sort son portable, téléphone à Hugues, ça sonne une fois, plus de batterie.
Bordel !
Maurice rentre chez lui, branche son téléphone, pose son sac, appelle Hugues.
"On est à la Montalant".
Maurice y retourne... Les pourris ils ont caché une salle à l'étage !
"22H15 ? Ben dis donc t'es en retard ?
- T'as raison, bonjour aussi"
Maurice comprend vite où se trouve le centre de gravité ce soir. Il y a là Madeleine qui moue, à sa droite René, à sa gauche Robert et faisant face Hugues.
On parle traffic d'art et bizarrement, la discution dérive sur Dupontel.
"Oui il y en a un nouveau qui va sortir, 'Enfermé dehors'
- Oui, même que sur le site du film, y a un truc avec deux Monty Pythons"
Maurice il vient de piquer sa réplique à Madeleine. Et Madeleine elle réagit même pas. Elle doit être sacrément crevée la Madeleine.
Maurice, s'enquiert
"J'ai raté quelque chose ?
- Pas vraiment. Gwemaël est passé. Robert a fumé deux cigarettes.
- Vous l'avez pas empêché ?
- Ben non."
Maurice est déçu. Mais soit.
Sans qu'il ne sache trop comment Maurice se retrouve à défendre D&D2, le film. Un exercice risqué. Mais tentable. Un 5+ quoi. En fait le gros inconvénient du film c'est qu'il faut le voir à plusieurs, dans une salle de ciné, avec un public hilare qui applaudit.
Hugues se lève, il est pressé, il a un train dans 20 minutes à St Lazare. Il doit passer par gare du nord.
Tout le monde pourrait aller à gare du nord, mais pour certains gare de l'est est plus rapide alors on fait les au revoirs devant le bar.
Hugues, maintenant il est très pressé.
"Au revoir Robert", Maurice trop vite pour qu'il s'en rende vraiment compte s'est permis une petite viciosité. Pire, Robert au lieu de se contenter d'un "salut" fait demi-tour et vient serrer la main de Maurice.
Maurice, il est chez lui. Un peu d'espagnol, un peu de repassage, réchauffage des pates de dimanche soir...
Il faut toujours avoir un reste de pates au corned beef au frigo.
En plus, chouette surprise, il en reste pour demain matin !
23H40, Maurice est dans son lit.
Comme toujours, même quand c'est léger, juste après le repas, Maurice, il arrive pas à dormir.
Alors Maurice, il réflêchit. Il fait le bilan de sa journée.
La gêne était présente une fois de plus. Comme à chaque fois qu'ils se parlent. C'est dommage, ils devraient en parler, une heure ou deux, un jour, ça suffirait, histoire de remettre les choses à plat. D'autant que... 'fin bon il y reviendra.
Maurice il met ça sur sa TODO list.
Mais très vite, bizarrement presque, les pensées de Maurice se portent sur Paulo. Là il y a à dire.
Paulo.
Paulo. Paulo, lui, il aura droit à son propre article. Très bientôt.
Quand le réveil sonne, il s'extirpe douloureusement du lit.
Maurice, il a un truc pour pas rester trop longtemps sous la douche : il a un tout petit chauffe eau. Radical.
A 6H15, à gare du nord, il fait froid.
A 7H15, à Courcourrones, il fait froid aussi, mais en plus il fait jour.
La journée s'écoule lentement. Maurice a l'impression de ne pas avancer. Vivement ce soir.
Maurice a une réunion à la section ce soir, à 19H30.
Mais voilà que Hugues propose de se retrouver le soir dans un bar et de passer la soirée ensemble avec une partie de la bande.
Maurice, il est un peu coincé, il dit non, mais il met tellement de formes, que l'on comprend oui. Maurice, il fera au mieux.
Rendez-vous à la Montalant, à partir de 19h.
19H21, Maurice est de retour à gare du nord, pour aller à la section, il passe devant la Montalant. Le bar est plein, mais Maurice ne reconnait personne.
19H30, Maurice pousse la porte du local. Une vraie montre ce Maurice (d'ailleurs il a récupéré la sienne. glop!)
19H35, Georges arrive. Georges, il est député et il a un beau costume.
Georges, il sert la paluche des militants et accompagne d'un chaleureux "Comment vas-tu ?".
Georges il a vu une fois Maurice, de dos. Maurice en profite.
"Ca va, ça évolue pas trop, mais bon, je suis confiant, je pense que ça va aller.
- ah oui, tant mieux, ça me fait plaisir."
Georges il est déjà en quête d'une autre paluche.
Quand il a fini son tour, Georges, il va voir Alphonse. Alphonse, c'est le secrétaire de la section. Georges prend son air ennuyé.
"J'ai un problème avec JJ dans le . arrondissement. Il voudrait trouver une place en crêche pour une dame. Tu peux t'en occuper ?"
Alphonse, ça l'ennuie aussi.
"Bon. D'accord."
Maurice, il a dû montrer se monter un peu trop intéressé par ce qu'ils se disaient parce qu'Alphonse se reprend, hausse la voix, fait de grands gestes et en désignant un papier sur la table.
"T'as vu ça, j'ai reçu ça tout à l'heure ! Moi, les demandes de place en crêche qui arrivent ici, regarde ce que j'en fait !"
Il prend le papier, le déchire et le met à la poubelle.
Alphonse, c'est le seul mec que Maurice connaisse qui garde ses papiers tout l'après midi pour les déchirer le soir, sans les traiter.
Georges ne s'en laisse pas compter, il surrenchérit :
"Ah mais moi cette semaine, j'ai reçu une lettre où l'on me demandait une place aussi ! C'était une personne qui disait qu'elle pourrait bien voter aux prochaines élections ! Mais qu'est-ce que ça veut dire ?"
Avec 20 bonnes minutes de retard la réunion commence. C'est Justin qui présente la partie "propositions". L'angle d'attaque est intéressant.
"Ces dernières années, pour diverses raisons [...] le monde du travail a beaucoup évolué. On assiste à une forte croissance de la mobilité des salariés qui changent plus souvent d'emploi. Pour lutter contre le chômage, le parti apporte traditionnellement deux types de solutions. D'une part celles visant à augmenter la stabilité de l'emploi (faire du CDI le socle du droit du travail, loi de modernisation sociale, ...), de l'autre celles visant à sécuriser les périodes d'instabilités (augmentation des allocations, aide à la formation,...) de façon à aider les gens à retrouver un travail."
Justin, il s'arrête là dans son analyse, de façon à ne pas trop sortir du consensus. Car évidemment, si l'on pousse un peu les deux types de mesure poursuivent des objectifs contradictoires.
La réunion se poursuit, Maurice il est très intéressé, mais... l'heure tourne.
21H15, presque tout est dit, il reste à se mettre d'accord sur la façon dont ce sera présenté à l'AG. L'AG c'est lundi, c'est là qu'on va débattre.
21H35, tout est dit. Mais on reste un peu pour discuter.
"J'ai pas compris ce que vous avez voulu faire avec le mobilier urbain là, c'est quoi ce rose ?"
Maurice, il se tortille sur sa chaise, mais en tant que nouveau dans le groupe, il hésite à partir. Justin, il va pour se lever, mais Angélique le retient.
"Oui ! Alors les pistes cyclables sur le boulevard Magenta ! On voulait les mettre d'une autre couleur de façon à les différencier du trottoir parce que là c'est dangeureux. Mais les architectes des batiments de France s'y sont opposés, pour éviter 'le lanièrage du bouvlevard' et ne pas gacher 'la perspective haussmanienne'".
Maurice, à un autre moment, ça aurait pu l'intéresser, mais là il se barre. Il se lève, met son manteau, fait un petit signe de la main, chuchote un au revoir, quitte.
Il est dans l'escalier, Angélique, qui était arrivée à 21H05 (une autre réunion) lui lance un vicieux "au revoir Maurice !" que tous les participants reprennent en coeur.
Maurice se précipite au Montalant, il arrive devant, regarde par la vitre personne. Il sort son portable, téléphone à Hugues, ça sonne une fois, plus de batterie.
Bordel !
Maurice rentre chez lui, branche son téléphone, pose son sac, appelle Hugues.
"On est à la Montalant".
Maurice y retourne... Les pourris ils ont caché une salle à l'étage !
"22H15 ? Ben dis donc t'es en retard ?
- T'as raison, bonjour aussi"
Maurice comprend vite où se trouve le centre de gravité ce soir. Il y a là Madeleine qui moue, à sa droite René, à sa gauche Robert et faisant face Hugues.
On parle traffic d'art et bizarrement, la discution dérive sur Dupontel.
"Oui il y en a un nouveau qui va sortir, 'Enfermé dehors'
- Oui, même que sur le site du film, y a un truc avec deux Monty Pythons"
Maurice il vient de piquer sa réplique à Madeleine. Et Madeleine elle réagit même pas. Elle doit être sacrément crevée la Madeleine.
Maurice, s'enquiert
"J'ai raté quelque chose ?
- Pas vraiment. Gwemaël est passé. Robert a fumé deux cigarettes.
- Vous l'avez pas empêché ?
- Ben non."
Maurice est déçu. Mais soit.
Sans qu'il ne sache trop comment Maurice se retrouve à défendre D&D2, le film. Un exercice risqué. Mais tentable. Un 5+ quoi. En fait le gros inconvénient du film c'est qu'il faut le voir à plusieurs, dans une salle de ciné, avec un public hilare qui applaudit.
Hugues se lève, il est pressé, il a un train dans 20 minutes à St Lazare. Il doit passer par gare du nord.
Tout le monde pourrait aller à gare du nord, mais pour certains gare de l'est est plus rapide alors on fait les au revoirs devant le bar.
Hugues, maintenant il est très pressé.
"Au revoir Robert", Maurice trop vite pour qu'il s'en rende vraiment compte s'est permis une petite viciosité. Pire, Robert au lieu de se contenter d'un "salut" fait demi-tour et vient serrer la main de Maurice.
Maurice, il est chez lui. Un peu d'espagnol, un peu de repassage, réchauffage des pates de dimanche soir...
Il faut toujours avoir un reste de pates au corned beef au frigo.
En plus, chouette surprise, il en reste pour demain matin !
23H40, Maurice est dans son lit.
Comme toujours, même quand c'est léger, juste après le repas, Maurice, il arrive pas à dormir.
Alors Maurice, il réflêchit. Il fait le bilan de sa journée.
La gêne était présente une fois de plus. Comme à chaque fois qu'ils se parlent. C'est dommage, ils devraient en parler, une heure ou deux, un jour, ça suffirait, histoire de remettre les choses à plat. D'autant que... 'fin bon il y reviendra.
Maurice il met ça sur sa TODO list.
Mais très vite, bizarrement presque, les pensées de Maurice se portent sur Paulo. Là il y a à dire.
Paulo.
Paulo. Paulo, lui, il aura droit à son propre article. Très bientôt.
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