Pages arrachées au journal de Ramon

Publié le par Ramon

Ce matin, Ramon, il doit se lever tôt car il doit aller trimer. Et quand au détour d'un rêve, Ramon se réveille, il jette un oeil à l'horloge électrique. Déjà 9h14. Dans une minute, la sonnerie va retentir.

Ramon, il se tourne dans le lit. Lydia dort encore la veinarde.

9h22, vaincu par les cris stridents du buzzer, Ramon, il se lève, met l'eau à bouillir, s'assoit à la table, allume la radio.

9h45, Ramon, il va prendre sa douche. Quelques 25 minutes plus tard, Ramon il est prêt.

Ramon, il est pressé, il a juste le temps d'avaler une tranche de pain nature -Ramon, il ne supporte pas la margarine, et encore moins le beurre.

Il court comme un fou dans les couloirs de la gare de Lyon, il attrape de justesse son RER.

Comme tous les jours de semaine, à 10h52 pétantes, Ramon franchit la porte du boulot. Encore une longue journée qui s'annonce.

Ramon, il n'a pas le temps de finir de trier son courrier que le téléphone sonne, c'est Ludwig, son chef, au téléphone, Ludwig, il est allemand, mais il vit à Londres.

Ramon, il aime bien Ludwig, il est pas du genre chiant, en plus, il est super facile à pipeauter. Il n'y a qu'au moment du dernier entretien annuel que Ludwig a été pénible, il a fallu batailler longuement pour obtenir quelque chose.

Il est à peine midi quand les autres commencent leur pause déjeuner. Ramon, il trouve ça limite abusé de faire une pause si vite.

A 13h, ils sortent de la cuisine, Sergeï, il vient voir Ramon. Sergeï, il n'est pas vraiment russe, mais il a des origines de par là bas.

Sergeï, il est un peu bêbête, c'est la cinquième fois en trois jours qu'il pose la même question :
« Alors, t'en es où ? »

Ramon, il lui fait la même réponse :
« J'avance »

Ramon, il se retient de lui balancer un « si tu veux que ça aille plus vite, t'as qu'à le faire toi même »

Ramon, ces considérations lui ont donné faim. Il se lève et va à l'hypermarché.

C'est impressionnant la queue qu'il peut y avoir là dedans. 45 minutes pour payer deux mousses au chocolat.

Le pire c'est qu'il faudra remettre ça dans deux jours.

Et en plus, il faut passer à la Brioche dorée pour acheter une baguette et chez Veng Hour pour le riz.

Ramon, la petite aiguille est un peu au delà du 3 quand il reprend son labeur. Et elle n'est même pas sur 4 quand Sergeï lui demande où il en est.

Mais cette fois, Ramon, comme il a bien avancé, il peut répondre « C'est terminé »

Sergeï, ça lui en a bouché un coin, il a l'air surpris.
Mais Sergeï, il est mauvais joueur, après être devenu tout rouge, avoir pris une grande inspiration, avoir trainé 5 bonnes minutes -feignant!- dans la cuisine, il revient à la charge.

Il s'approche de Ramon.
« Euh, j'ai jeté un oeil, et, euh, comment dire, il y a pas mal de choses qui ne vont pas »

Ramon, on vient de lui déclarer la guerre, il se met en position défensive caopeira.
« ah ouais ?
- ben déjà je comprends pas pourquoi tu as dupliqué 4 fichiers pour à chaque fois rajouter une ligne. Tu pouvais pas directement rajouter les lignes ?
- ben non, comme ça on pourra jeter l'ancien code plus tard ! »

Sergeï, c'est vraiment une andouille !

« Mais l'ancien code, tu le remplaces en intégralité, donc tu pouvais le jeter tout de suite, non ?
- ah non, je prends pas une responsabilité aussi grande !
- ok... Et sinon, tiens, regarde, la ligne là, ouais d'habitude, on préfère la tourner ainsi... »

Sergeï, il s'est emparé du clavier ! Mais Ramon, il a plus d'un tour dans son sac.
« Ouais, ben moi j'aime pas »

Sergeï, ça l'a calmé tout de suite.

« Ah ? Si tu veux, ta solution passe aussi, c'est juste que c'est moins élégant et moins cohérent avec le reste de ce qui a été fait...
- Pas grave.
- Bon... Euh, sinon, là il y a un bug, t'affiches deux fois les informations, et elles sont différentes.
- Ouais, c'est normal.
- Pardon ?
- Ouais, c'est Ludwig qui m'a dit de faire comme ça.
- Euh ? T'es sûr ?
- Ouais »

Ramon, il se doute que Ludwig, au téléphone, il n'avait pas parfaitement compris le problème, mais il a dit GO, c'est sa responsabilité. Et puis s'il n'est pas content, il suffira de le pipeauter un petit coup.

De toute façon, il est cool Ludwig.

Sergeï, il retourne s'asseoir à sa place, la queue entre les jambes. Ramon, il lui a laminé la gueule.

Mais c'est pas tout ça, il est presque 19h, Ramon, il doit se dépêcher de finir son mail et de passer son coup de fil s'il veut pas rater son RER.
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Publié dans Maurice

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D
Ouaip. Si tout le monde bossait comme ça, on viendrait vachement moins m'emmerder !
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