Maurice il a une carte ciné illimitée.

Publié le par Adj

Il a calculé que pour la rentabiliser il fallait aller au ciné au moins quatre fois par mois.

Ca fait deux semaines que Maurice y a pas été.

Ce weekend, c'est donc rattrapage.

Vendredi 18H, Maurice se précipite hors du boulot.

19H30, Maurice a englouti un McDo. Conclusion, le cheeseburger, c'est vraiment pas bon, tout sec, tout pas de gout.

Maurice est assis dans la salle, il n'y a pas trop de monde pour voir Domino.

Maurice aime bien, le réalisateur s'est laché, il fait un effet toutes les 3s, c'est confus, c'est trop chargé, c'est trop surchargé. C'est bon.

Le seul défaut, c'est Alfred, le voisin de derrière de Maurice. Quand il voit arriver le seau de pop corn, Maurice comprend que la séance va être rude. Pis, Alfred est un rusé. De ceux qui ne mangent pas tout d'un coup, mais en gardent pour les meilleurs moments du film.

Maurice sort lessivé et un peu énervé du film.

Maurice consulte les horraires, le film suivant débute dans 5 minutes. Manderlay.

Ca, ça va calmer Maurice.

Bingo, au bout de 5 minutes -à la fin du générique-, l'action retombe. Maurice se sent bien. Il se laisse un peu aller, baisse une paupière.

Hélas ! Le film devient de plus en plus intéressant. Maurice s'accroche à l'histoire, s'intéresse aux personnages et ne voit pas les deux heures et vingt minutes passer.

Maurice est chez lui, il est minuit. Ce soir il va se coucher tard, demain il peut dormir. Il prend un bouquin dans la pile des trucs qui se lisent à finir. Pile actuellement composée de Dr. Bloodmoney, Systèmes d'Exploitation, l'Etat -toujours pas fini celui-là-, quelques journaux qui trainent, Que Choisir Spécial justice et Votez Fields.

C'est sur ce dernier que se porte son choix. Un cadeau pour sa fête qu'il se fait donc fort de lire.

Le sommeil vient plus vite que la fin du livre, mais Maurice tient bon et finit par triompher.

Repus, il s'endort. Il est deux heures passées.

Maurice a une excellente horloge interne. A 7H, il est debout. Il s'emmerde. Il ressort Civilizatin 2. Y passe une partie de la matinée.

Il est 11H, Maurice est dans la salle de cinéma. Il n'y a pas un chat, à peine une poignée de spectateurs.

Frédéric arrive et s'assoit direct à côté de Maurice. Maurice il aime pas qu'on vienne le coller. Il le fait bien sentir en s'emparant de la totalité de l'accoudoir (et même un peu plus), quitte à se mettre dans une position inconfortable. Malheureusement, ses efforts restent vains.

La salle s'est remplie. Le film, Factotum, est commencé. Le téléphone de Frédéric sonne, Frédéric répond. "Ouais, je suis au cinéma, je suis en train de regarder Factotum". Les regards de toute la salle se portent sur Frédéric, et Maurice.

Maurice attrappe le téléphone d'Alfred et lui apprend à voler. Les spectateurs suivent la course parabolique de l'objet trop bien identifié. Lorsqu'il atteint le sol, le téléphone explose en une myriade de bouts de plastiques et composants électroniques. La salle applaudit. Frédéric est mortifié.

Maurice est dehors, il a faim, mais les noces funèbres n'attendent pas. Elles ont lieu dans 10 minutes. Tant pis il mangera après.

Maurice est dans la salle. Arrivent Jeanette (5 ans), Régine (8 ans) et Albert, leur père. Jeanette s'assoit à côté de Maurice. (Maurice, il a une bonne tête, il attire toujours les enfants, mais pas les mamans).

Maurice pense à se décaler, mais derrière lui à gauche Pierette et Jean-Noël sont assis, pop corn à la main, les pieds sur les sièges de devant (ceux que Maurice visait).

Le film commence, Alfred lit les sous-titres à Jeanette qui, à 5 ans, va déjà voir des films en VO. L'histoire est fort sympathique, mais quelque peu macabre, plusieurs fois Jeanette souffle de petits cris stridents à l'oreille de Maurice.

15H, le film est terminé, Maurice rentre chez lui, fait sa vaisselle de la semaine, se prépare à manger, mange, se couche. Il est 17H00.

Maurice retrouve Robert et Patrice. Au programme, personne ne sait. On se décide pour un resto. Maurice est d'accord à condition que ce ne soit pas japonais.

Maurice n'aime pas les restos japonais pour trois raisons :
1. c'est pas bon
2. c'est jamais assez cuit
3. c'est très cher

Robert et Patrice se mettent d'accord pour aller aux 'Délices de Tokyo'.

Le 'repas' fini, Robert et Patrice s'exclament en coeur : "Zut, j'ai pas d'argent!"

Maurice, Robert et Patrice sont devant le cinéma. Presque tous les films viennent de commencer, il en reste trois.
Patrice : "Ca vous dit 'Et si c'était vrai?' "
Robert : "non, c'est de la merde. A la rigueur, les protocoles de la rumeur."
Patrice : "non"
Maurice, ayant parfaitement compris la situation : "bon, ben Factotum alors ?"
Maurice et Robert : "ok"
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Publié dans Maurice

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