Enchanté, moi c'est Maurice : Beaulieu.
Maurice, il a pas trop d'idées sur ce qu'il va faire plus tard.
Il est bon en math, bon en chimie et correct en physique. Sa soeur a fait ingénieur. Il va faire pareil.
Il parait que les INSA sont bien, va pour une INSA.
Rennes est une ville sympathique, le choix est fait.
Sur la liste de voeux que Maurice remet à l'administration, il y a :
1. INSA de Rennes
2. Faidherbe
3. Wallon
Ce n'est pas la dernière fois que Maurice met les choses dans le désordre.
Maurice il aurait aussi pu faire prof de grec, il aimait bien ça le grec. Et si à l'époque il avait connu, il aurait tenté sciences po, il se serait bien vu à l'ENA le Maurice.
Mais pour l'instant Maurice est à Rennes, ou plutot Beaulieu, et encore plus exactement le campus de l'INSA de Rennes à Beaulieu.
Le campus est assez grand, il comprend les batiments de cours évidemment, des batiments pour stocker les professeurs entre les cours, la salle de sport, le bar, pardon un club privé où l'on peut s'inscrire n'importe quand gratuitement, les résidences étudiantes et ce sans quoi tout cela ne serait rien le RU.
Tout. Trop.
Tous ces batiments sont réservés aux uniques insaliens (à part le club privé).
Ce regroupement les pousse à rester entre eux. Et ça marche.
Mais dans INSA il y a N pour national. L'INSA, c'est publique, et ça se sent. La population est radicalement différente de Notre Dame.
En arrivant Maurice il avait jamais vu de joint. Il avait jamais vu de coma éthylique non plus. Il avait jamais vu un directeur convoquer une promo au bout d'une semaine pour expliquer qu'il en avait marre de voir débouler les pompiers, et que trois fois, ça fait trop.
Maurice il découvre les soirées thématiques. Beaujolais, Bar à thèmes, ... Dans l'alcool tout est bon.
Tradition bretonne sans doute.
Le monde dans lequel évolue Maurice est plus vaste, plus libre mais toujours clos.
Pour remarquer ce troisième aspect, il lui faudra du temps à Maurice, du temps et surtout il lui faudra se rendre compte de la distance entre lui et les autres insaliens.
La transition, après Maubeuge, est irréelle.
Maurice a perdu beaucoup de ses repaires.
Son premier relevé de notes le laisse perplexe. 9.97 /20, 91ème /182.
"Ca me va."
Grossière erreur qui coutera cher à Maurice. Car pour ceux qui étaient derrière lui, ça n'allait pas.
Deuxième bulletin. 9.91 /20, 147/182.
Par la suite, Maurice flirtera sans arrêt avec la zone rouge. Il mettra 3 ans et quelques nuits agitées à se rétablir.
Mais pour l'instant Maurice est heureux, il est ravi de l'hyper proximité qu'offre le campus.
C'est le temps des amis, des couchés à pas d'heure, des petits yeux en cours puis des yeux fermés au lit.
Maurice continue à porter quelques masques, mais son jeu s'est restreint.
A Beaullieu, deux évènements marquent profondément Maurice.
Le premier, en fin de deuxième année, c'est le renvoi d'Henri. Henri, Riton, c'est l'un des tous meilleurs amis de Maurice. Même quand il fait des remarques sur l'absence de chauffage pour le nouvel an.
Maurice n'avait jamais imaginé qu'un malheur définitif pouvait le frapper lui, ou un de ses proches. Il avait toujours pensé au plus profond de lui que toute chose était réversible. Souvent pour s'endormir, il pensait à comment, le jour venu il allait refaire la journée qui venait de s'écouler.
Et ce renvoi, Maurice ne peut le vivre que comme une insulte à sa philosophie. Il lui faut plusieurs années pour intégrer physiquement le définitif de la chose.
Le deuxième choc, c'est David. David aussi c'est un très bon ami de Maurice. C'est le compagnon de mille fous rires et des blagues potaches, compagnon de Jeux de Rôles, compagnon d'amphis.
Ou plutot c'était, car David change. Maurice, c'est bien connu, ne change jamais lui. David change et en vient à se sentir supérieur à Maurice. En tout cas, c'est ce que Maurice voit dans ses gestes.
Jusqu'au jour où la crise éclate, le ton monte, David écrase son poing sur le visage de Maurice. Maurice a oublié la dernière fois où il s'est battu. Il ne croit pas en la violence physique. Ses méthodes sont plus subtiles.
Pour la première et unique fois Maurice perds un ami. La rupture est physique, Maurice ne peut juste plus être ami avec David.
Maurice cesse totalement de parler à David pendant un an. Ce petit jeu est pénible pour le groupe que les deux fréquentent. Et petit à petit, David se fache avec d'autres membres. Il finit par se retrouver en marge, puis exclu.
Maurice n'y voit là aucune victoire, au contraire. Il finit même, en quelques mots "on va manger?", par se réconcilier avec David mais quelque chose tout au fond est brisé et la réconciliation ne sera que de façade.
Maurice et David, c'est un peu Chirac et Sarkozy.
Il ne faudrait pas croire que les années à Beaulieu sont tristes, elles sont insouciantes, joyeuses et colorées. Ce sont des années de liberté retrouvée.
Ce n'est que vers la cinquième année que Maurice finit par se trouver un peu à l'étroit.
D'un côté des élèves à qui l'on martèle qu'ils sont les meilleurs (moins que dans d'autres écoles, mais un peu quand même) et qui finissent par le croire, de l'autre Maurice qui se connaît trop bien pour adhérer à cette idée.
D'un côté les insaliens qui respirent la technique, de l'autre un Maurice un peu là par hasard.
Un peu comme Robert.
Robert, par bien des côtés il ressemble à Maurice. Ni franchement scientifique, ni franchement littéraire, lui non plus n'a pas totalement sa place à l'INSA.
Robert, c'est le compagnon de banc de Maurice. 3 ans assis l'un à côté de l'autre, ça créé des connivences.
Robert ça doit être la personne, hors famille Legrand, et encore, qui connait le mieux Maurice. Il est l'un des seuls à l'avoir vu porter des masques différents.
Quand il sort de l'INSA, Maurice a beaucoup changé, il a retrouvé un début de goût à la vie, et un peu d'estime pour lui même.
Il est bon en math, bon en chimie et correct en physique. Sa soeur a fait ingénieur. Il va faire pareil.
Il parait que les INSA sont bien, va pour une INSA.
Rennes est une ville sympathique, le choix est fait.
Sur la liste de voeux que Maurice remet à l'administration, il y a :
1. INSA de Rennes
2. Faidherbe
3. Wallon
Ce n'est pas la dernière fois que Maurice met les choses dans le désordre.
Maurice il aurait aussi pu faire prof de grec, il aimait bien ça le grec. Et si à l'époque il avait connu, il aurait tenté sciences po, il se serait bien vu à l'ENA le Maurice.
Mais pour l'instant Maurice est à Rennes, ou plutot Beaulieu, et encore plus exactement le campus de l'INSA de Rennes à Beaulieu.
Le campus est assez grand, il comprend les batiments de cours évidemment, des batiments pour stocker les professeurs entre les cours, la salle de sport, le bar, pardon un club privé où l'on peut s'inscrire n'importe quand gratuitement, les résidences étudiantes et ce sans quoi tout cela ne serait rien le RU.
Tout. Trop.
Tous ces batiments sont réservés aux uniques insaliens (à part le club privé).
Ce regroupement les pousse à rester entre eux. Et ça marche.
Mais dans INSA il y a N pour national. L'INSA, c'est publique, et ça se sent. La population est radicalement différente de Notre Dame.
En arrivant Maurice il avait jamais vu de joint. Il avait jamais vu de coma éthylique non plus. Il avait jamais vu un directeur convoquer une promo au bout d'une semaine pour expliquer qu'il en avait marre de voir débouler les pompiers, et que trois fois, ça fait trop.
Maurice il découvre les soirées thématiques. Beaujolais, Bar à thèmes, ... Dans l'alcool tout est bon.
Tradition bretonne sans doute.
Le monde dans lequel évolue Maurice est plus vaste, plus libre mais toujours clos.
Pour remarquer ce troisième aspect, il lui faudra du temps à Maurice, du temps et surtout il lui faudra se rendre compte de la distance entre lui et les autres insaliens.
La transition, après Maubeuge, est irréelle.
Maurice a perdu beaucoup de ses repaires.
Son premier relevé de notes le laisse perplexe. 9.97 /20, 91ème /182.
"Ca me va."
Grossière erreur qui coutera cher à Maurice. Car pour ceux qui étaient derrière lui, ça n'allait pas.
Deuxième bulletin. 9.91 /20, 147/182.
Par la suite, Maurice flirtera sans arrêt avec la zone rouge. Il mettra 3 ans et quelques nuits agitées à se rétablir.
Mais pour l'instant Maurice est heureux, il est ravi de l'hyper proximité qu'offre le campus.
C'est le temps des amis, des couchés à pas d'heure, des petits yeux en cours puis des yeux fermés au lit.
Maurice continue à porter quelques masques, mais son jeu s'est restreint.
A Beaullieu, deux évènements marquent profondément Maurice.
Le premier, en fin de deuxième année, c'est le renvoi d'Henri. Henri, Riton, c'est l'un des tous meilleurs amis de Maurice. Même quand il fait des remarques sur l'absence de chauffage pour le nouvel an.
Maurice n'avait jamais imaginé qu'un malheur définitif pouvait le frapper lui, ou un de ses proches. Il avait toujours pensé au plus profond de lui que toute chose était réversible. Souvent pour s'endormir, il pensait à comment, le jour venu il allait refaire la journée qui venait de s'écouler.
Et ce renvoi, Maurice ne peut le vivre que comme une insulte à sa philosophie. Il lui faut plusieurs années pour intégrer physiquement le définitif de la chose.
Le deuxième choc, c'est David. David aussi c'est un très bon ami de Maurice. C'est le compagnon de mille fous rires et des blagues potaches, compagnon de Jeux de Rôles, compagnon d'amphis.
Ou plutot c'était, car David change. Maurice, c'est bien connu, ne change jamais lui. David change et en vient à se sentir supérieur à Maurice. En tout cas, c'est ce que Maurice voit dans ses gestes.
Jusqu'au jour où la crise éclate, le ton monte, David écrase son poing sur le visage de Maurice. Maurice a oublié la dernière fois où il s'est battu. Il ne croit pas en la violence physique. Ses méthodes sont plus subtiles.
Pour la première et unique fois Maurice perds un ami. La rupture est physique, Maurice ne peut juste plus être ami avec David.
Maurice cesse totalement de parler à David pendant un an. Ce petit jeu est pénible pour le groupe que les deux fréquentent. Et petit à petit, David se fache avec d'autres membres. Il finit par se retrouver en marge, puis exclu.
Maurice n'y voit là aucune victoire, au contraire. Il finit même, en quelques mots "on va manger?", par se réconcilier avec David mais quelque chose tout au fond est brisé et la réconciliation ne sera que de façade.
Maurice et David, c'est un peu Chirac et Sarkozy.
Il ne faudrait pas croire que les années à Beaulieu sont tristes, elles sont insouciantes, joyeuses et colorées. Ce sont des années de liberté retrouvée.
Ce n'est que vers la cinquième année que Maurice finit par se trouver un peu à l'étroit.
D'un côté des élèves à qui l'on martèle qu'ils sont les meilleurs (moins que dans d'autres écoles, mais un peu quand même) et qui finissent par le croire, de l'autre Maurice qui se connaît trop bien pour adhérer à cette idée.
D'un côté les insaliens qui respirent la technique, de l'autre un Maurice un peu là par hasard.
Un peu comme Robert.
Robert, par bien des côtés il ressemble à Maurice. Ni franchement scientifique, ni franchement littéraire, lui non plus n'a pas totalement sa place à l'INSA.
Robert, c'est le compagnon de banc de Maurice. 3 ans assis l'un à côté de l'autre, ça créé des connivences.
Robert ça doit être la personne, hors famille Legrand, et encore, qui connait le mieux Maurice. Il est l'un des seuls à l'avoir vu porter des masques différents.
Quand il sort de l'INSA, Maurice a beaucoup changé, il a retrouvé un début de goût à la vie, et un peu d'estime pour lui même.
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