La St Valentin de Maurice (Part 1).

Publié le par Adj

Et oui, ça revient, comme chaque année... Mais pour la première fois, Maurice ça lui pèse un peu. Alors il a eu une idée.

Le mass mailing !

Une lettre, un maximum de cibles, ça finira bien par payer !

Comme quand il cherchait du boulot, on change le nom de la société dans le premier paragraphe, mais on garde le reste.

Le problème c'est que Maurice, il hésite encore entre plusieurs brouillons de lettres. Faudrait trouver un moyen de les départager. Peut être un concours…

Les lutins.

Comment va ? Depuis la dernière fois ?

Ici, tout se passe bien. La vie se montre capricieuse et refuse de suivre un court tranquille.

En ce moment, mon principal souci est une joyeuse meute de lutins endiablés. Ils se massent tout autour de moi et hissent leurs banderoles « Go Maurice, Go ». Au début, j’ai bien essayé de leur résister, de les enfermer dans le frigo par exemple, mais rien n’y a fait. A chaque fois ils se sont échappés, et ils sont revenus plus nombreux encore.

Après je me suis dit, je vais les laisser faire. Après tout ils n’existaient que dans mon imagination. Si je les ignorais, peut être s’en iraient-ils. Mais ils se sont mis à réaliser des rituels plus ou moins païens, plus ou moins paillards. Assez paillards en fait, mais tu sais ce que c’est non ? J’ai le souvenir que toi aussi tu avais eu des lutins.

Bref, j’ai commencé à me poser des questions, genre, « et s’ils arrivaient à m’invoquer une saloperie dans ma cuisine ? », ça m’aurait bien fait ch… ennuyer.

J’ai donc changé mon fusil d’épaule. Je leur ai passé de la musique (Queen, « March of the Black Queen »), on m’avait dit que c’était redoutable pour chasser les lutins. Et effectivement, ils se sont tous mis à danser et à chanter. Au moment où ils arrivaient à « I’ll do what you want », je leur ai montré la sortie. Manque de pot, j’avais mal réglé mon equalizer les paroles sont sorties totalement inaudibles. Et les lutins sont restés.

Alors, j’ai essayé de les endormir, je leur ai passé Théorème de Pasolini. J’ai tourné de l’œil au bout d’un quart d’heure. Quand je me suis réveillé, ils m’attendaient.

De guerre lasse j’ai fini par leur demander ce qu’ils voulaient. Là ils se sont tournés vers moi, ils m’ont fait un grand sourire, et ils m’ont ri « Ecris lui ! ».

Tu l’auras compris, ces lutins qui ne me laissent aucun répit, qui viennent dans mon lit m’empêcher de dormir, qui à chaque instant me tendent mille embuscades, ces lutins qu’il m’est impossible de chasser, et auxquels d’ailleurs je me suis attaché, ces lutins, c’est ton sourire, tes {boucles | nattes | tresses}, ta joie, ton rire, tes lèvres, tes yeux. Ces lutins qui occupent chacun de mes instants, c’est toi.

Je t’aime.

Maurice
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Publié dans Maurice

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