La crampe.
Comme toutes les deux semaines, ce soir, c'est rendez-vous chez Eugène.
Quand Maurice arrive Gwemaël, Robert, René et Pierrot sont déjà attablés, une bière à la main autour d'une micro table. Maurice se taille un tout petit espace.
Maurice va se commander un verre au bar, il revient, Henri est là qui lui a piqué sa place.
A la radio, il passe "On a mal vieilli" des garçons bouchers.
Très vite, on change de table. Intervention du patron, la troupe gêne le passage. On change de table.
La télé est allumée, Bolton-Marseille, 16ème, UEFA.
A la droite de Maurice, Gwemaël et Henri qui discutent de concepts brumeux de philosophie de l'imaginaire. On ne les reverra presque plus de la soirée.
Mais, à gauche, la conversation se fait plus précise, plus intéressante.
"Bon, ça vous dirait de manger ?
- ben c'est vrai que je commence à avoir les crocs.
- je me prendrais un petit pavé poivre, saignant.
- t'as raison il est pas mauvais."
Sur une table voisine, Maurice reconnait Aurore avec qui il était en primaire. Incroyable ça.
Aurore, c'était le petit dragon, toujours à taper sur les plus petits qu'elle.
Maurice, il fait comme s'il l'avait pas vu.
D'ailleurs, à bien y regarder, c'est pas Aurore, mais Séverine, sa soeur jumelle (mais pas tout à fait).
Autant à l'époque, Maurice il les reconnaissait l'une de l'autre, autant 18 ans après, c'est moins évident. Surtout que, visiblement, elle s'est fait poussé les dents. Et elle a les cheveux plus longs aussi.
1-0 pour Bolton. Dans les gencives les marseillais !
Dehors, la pluie redouble.
Arrive Jessica, brune, avec de longues bottes rouges. Elle est accompagnée de William, blond, en jogging.
Ca dépareille.
Jessica s'affale sur une banquette. William s'assoit à son côté et ne cesse de lui glisser des mots à l'oreile.
Pierrot fait honneur à sa réputation, il s'en va sur le coup de 10H15. Robert part avec lui.
Jessica semble s'ennuyer, ses yeux papillonent.
William se fait plus entreprenant, il pose sa main sur la hanche de la brune.
William sort un narghilé et commence tranquillement à le préparer.
Dehors, Maurice peut appercevoir un oiseau lutter contre la tempête. Le pauvre.
Lorsque Maurice se reconcentre sur l'intérieur du bar Jessica est en train de chasser William.
Ils ne parlent pas, ils font juste de grand gestes. C'est un peu comme dans les vieux films muets des années 20. Surjoué.
2-0 pour Bolton, c'te déculottée !
William partit, il ne faut pas longtemps à Jessica pour s'approcher de la table.
"Je peux me joindre à vous ?
- Beuh..."
Jessica, elle a un accent slave. Maurice, il a des origines slaves. Jessica a dû le sentir, elle s'installe en face de Maurice.
"Comment tu t'appelles ?
- Maurice.
- Et tu viens d'où Maurice ?
- C'est pas facile à dire, disons, le Nord, 59, frontière belge.
- J'ai jamais été en Belgique.
- C'est dommage, c'est très joli la Belgique. Tu devrais voir Anvers, rien que pour l'endroit ça vaut le coup."
Jessica, elle est bien gentille avec Maurice : elle rit.
La discussion reprend de plus belle.
Les autres y vont.
"Nous, on y va".
Jessica, elle joue avec la manche de Maurice.
"Mais les Belges et les Néerlandais avaient quand même pas mal de différences, les belges étaient catholiques, conservateurs, ils vivaient de l'industrie alors que les autres étaient protestants, libéraux et étaient beaucoup plus tournés vers le commerce. Conséquence presque logique, en 1830, la Belgique se soulèvait."
Jessica elle glisse sa main derrière la nuque de Maurice.
3H42, cette nuit, en déplaçant sa jambe pendant son sommeil, Maurice, il a une crampe au mollet, il se réveille en sursaut et il rate la fin de la binouze.
"Même pas en rêve !"
Quand Maurice arrive Gwemaël, Robert, René et Pierrot sont déjà attablés, une bière à la main autour d'une micro table. Maurice se taille un tout petit espace.
Maurice va se commander un verre au bar, il revient, Henri est là qui lui a piqué sa place.
A la radio, il passe "On a mal vieilli" des garçons bouchers.
Très vite, on change de table. Intervention du patron, la troupe gêne le passage. On change de table.
La télé est allumée, Bolton-Marseille, 16ème, UEFA.
A la droite de Maurice, Gwemaël et Henri qui discutent de concepts brumeux de philosophie de l'imaginaire. On ne les reverra presque plus de la soirée.
Mais, à gauche, la conversation se fait plus précise, plus intéressante.
"Bon, ça vous dirait de manger ?
- ben c'est vrai que je commence à avoir les crocs.
- je me prendrais un petit pavé poivre, saignant.
- t'as raison il est pas mauvais."
Sur une table voisine, Maurice reconnait Aurore avec qui il était en primaire. Incroyable ça.
Aurore, c'était le petit dragon, toujours à taper sur les plus petits qu'elle.
Maurice, il fait comme s'il l'avait pas vu.
D'ailleurs, à bien y regarder, c'est pas Aurore, mais Séverine, sa soeur jumelle (mais pas tout à fait).
Autant à l'époque, Maurice il les reconnaissait l'une de l'autre, autant 18 ans après, c'est moins évident. Surtout que, visiblement, elle s'est fait poussé les dents. Et elle a les cheveux plus longs aussi.
1-0 pour Bolton. Dans les gencives les marseillais !
Dehors, la pluie redouble.
Arrive Jessica, brune, avec de longues bottes rouges. Elle est accompagnée de William, blond, en jogging.
Ca dépareille.
Jessica s'affale sur une banquette. William s'assoit à son côté et ne cesse de lui glisser des mots à l'oreile.
Pierrot fait honneur à sa réputation, il s'en va sur le coup de 10H15. Robert part avec lui.
Jessica semble s'ennuyer, ses yeux papillonent.
William se fait plus entreprenant, il pose sa main sur la hanche de la brune.
William sort un narghilé et commence tranquillement à le préparer.
Dehors, Maurice peut appercevoir un oiseau lutter contre la tempête. Le pauvre.
Lorsque Maurice se reconcentre sur l'intérieur du bar Jessica est en train de chasser William.
Ils ne parlent pas, ils font juste de grand gestes. C'est un peu comme dans les vieux films muets des années 20. Surjoué.
2-0 pour Bolton, c'te déculottée !
William partit, il ne faut pas longtemps à Jessica pour s'approcher de la table.
"Je peux me joindre à vous ?
- Beuh..."
Jessica, elle a un accent slave. Maurice, il a des origines slaves. Jessica a dû le sentir, elle s'installe en face de Maurice.
"Comment tu t'appelles ?
- Maurice.
- Et tu viens d'où Maurice ?
- C'est pas facile à dire, disons, le Nord, 59, frontière belge.
- J'ai jamais été en Belgique.
- C'est dommage, c'est très joli la Belgique. Tu devrais voir Anvers, rien que pour l'endroit ça vaut le coup."
Jessica, elle est bien gentille avec Maurice : elle rit.
La discussion reprend de plus belle.
Les autres y vont.
"Nous, on y va".
Jessica, elle joue avec la manche de Maurice.
"Mais les Belges et les Néerlandais avaient quand même pas mal de différences, les belges étaient catholiques, conservateurs, ils vivaient de l'industrie alors que les autres étaient protestants, libéraux et étaient beaucoup plus tournés vers le commerce. Conséquence presque logique, en 1830, la Belgique se soulèvait."
Jessica elle glisse sa main derrière la nuque de Maurice.
3H42, cette nuit, en déplaçant sa jambe pendant son sommeil, Maurice, il a une crampe au mollet, il se réveille en sursaut et il rate la fin de la binouze.
"Même pas en rêve !"
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